Roberto Fonseca, génie du jazz

La Havane regorge de bonnes surprises que la quasi-inexistance d’internet sur l’île rend encore plus savoureuses quand on les découvre ! Parmi les plus belles, celle d’avoir la possibilité de voir le pianiste et compositeur Roberto Fonseca se produire régulièrement, généralement le lundi soir (chut !), au très chouette Jazz Café. Modeste, passionné, génial, Roberto donne tout quand il joue, qu’importent le lieu où il se produit et le public qui l’écoute. Portrait peu objectif d'une fan !

Avec son inséparable chapeau noir vissé sur la tête, Roberto Fonseca joue du piano comme il respire et transporte son auditoire dans son monde créatif unique. Né à La Havane en 1975 d’une mère chanteuse professionnelle et d’un père percussionniste, c’est un peu comme s’il était tombé dans la potion magique de la musique tout petit !

Après avoir étudié la musique et particulièrement la composition à l’Institut supérieur de l’art à La Havane, il quitte Cuba à la recherche de nouveaux sons. Puis il revient pour les associer et les mélanger à ceux de son île natale : il en sort un brillant mélange de latin jazz, drum'n bass, hip hop, urban music et rythmes afro-cubains, signatures de ses deux premiers albums Tiene que Ver et Elengo au début des années 2000. Il part aussi faire le tour du monde avec le fameux Buena Vista Social Club. Il les accompagne sur plus de 400 dates !

Puis il se consacre de nouveau à sa musique et va encore plus loin dans les mélanges et les influences de Cuba. Il fait chanter sa mère sur l’album Zamazu en 2007. Sur Akokan, sorti en 2009, il laisse une grande place à l’improvisation. Il souhaite que la magie qu’elle produit lors de concerts se retrouve au cœur d’un album. Le pari est réussi.

Pour ceux qui n’auront pas la chance de voir Roberto jouer dans l’intimité du Jazz Café à Cuba, il est en tournée cet été en France. Toutes les dates sont sur le site de Roberto Fonseca

Il se tourne ensuite vers l’Afrique et sur l’influence de ce continent sur la musique cubaine. Il se produit pour une série de concerts avec la chanteuse malienne Fatoumata Diawara et sort l’album Yo qui continue à explorer la musique africaine, notamment algérienne.

Cette année, il revient avec un nouveau disque, ABUC, un retour aux sources de Cuba puisqu’il s’inspire de la Tierra Santa (la terre sainte de son pays). Il fait aussi chanter les plus grands chanteurs cubains tels que Daymé Arocena et Eliades Ochoa… Un vrai bonheur de sons chauds, enivrants et éclectiques.

La playlist de Roberto Fonseca
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