Rhum & Cigares

Cuba rime avec cigares et rhum. Depuis des siècles, ces délicatesses font partie du patrimoine cubain et ne sont pas en danger d’extinction, au contraire. Mais pourquoi tant d’attrait pour le cigare et le rhum cubains ? Pourquoi sont-ils uniques ? Voyage à Cuba sur la route du rhum et du cigare à la découverte de leurs terres nourricières, de leurs manufactures et de leurs goûts uniques.

La vallée de Viñales : mogotes et plantations de tabac

C’est par un voyage dans la province de Pinar del Rio que commence la quête de la feuille de tabac : 60 % de la production de tabac cubaine vient de cette région magnifique.

La première escale dans une plantation de tabac a quelque chose de magique : le paysage est étonnant, déroutant, inattendu. La vallée de Viñales est tout simplement splendide : orangers, bougainvillées, petites maisons de bois peintes appelées bohíos, plantations de canne à sucre, paysans flanqués de charrues et de bœufs… et des casas de tabaco, où sèchent les feuilles. Le tout orné de petites collines calcaires en forme de tours appelées mogotes qui s’élèvent ça et là au milieu des champs.

La casa de tabaco, le temple du cigare

La casa de tabaco est d’un calme étonnant. Le patron de la petite entreprise familiale explique le processus de fabrication du cigare. ll finit sa démonstration par le rite de l’allumage ou habano et fait goûter à qui veut.

La casa de tabaco est si rustique, si paisible qu’on y tendrait un hamac pour faire la sieste entre les feuilles. À l’extérieur, les couleurs sont sublimes : le marron orangé de la terre, le vert foncé des feuilles de tabac dans les champs, les nuances de brun et de vert des mogotes, le bleu du ciel et les couleurs vives des bohíos.

Les explications du patron de la ferme font vite comprendre que dans la vallée de Viñalès, tous les paramètres (humidité, température, pluviométrie, composition chimique du sol) sont réunis pour faire du cigare cubain un délice unique dont la qualité semble inégalable.

Et puis, il y a le savoir-faire, comme celui de cette femme qui enfile les feuilles de tabac sur sa longue aiguille. Ce savoir-faire remonterait à 2 000 ans av. J.-C. lorsque la plante de tabac arriva d'Amérique du Sud à Cuba. Il est unique, soigné et se répète à toutes les étapes – il y en aurait une centaine ! – de la fabrication du cigare. Dans la vallée de Viñales, on se dit que Gainsbourg avait peut-être bien raison de qualifier Dieu de fumeur de havanes !

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Plantation de tabac dans la vallée de Vinales © Elisabeth Blanchet

Pinar del Rio, berceau du rhum cubain

Changement de décor après une vingtaine de kilomètres sur les routes gentiment sinueuses de la vallée de Viñales : Pinar del Rio n'est pas connue pour son pinard mais pour son rhum !

L'odeur éthylique d'une rhumerie artisanale titille les narines du visiteur. Les employés restent imperturbables face au défilé de touristes qui passent de pièces en pièces découvrant la fabrication de cet élixir de pirates.

On apprend qu’avant la distillation, la canne à sucre est soigneusement sélectionnée. Des mieles (mélasses fraîches) sont ensuite mélangées à de la levure et à de l’eau créant la baticion qui fermente plusieurs jours avant d’être distillée et de se transformer en eaux-de-vie appelées arguadientes

Mélangées à un distillat de canne à sucre, elles se transforment en ron fresco, lui-même vieilli jusqu’à ce que le maître-rhumier le juge digne de figurer parmi la catégorie de rhum choisie. Il est ensuite temps de le faire vieillir dans des fûts qui selon le bois donnent couleur, arôme et complexité à l'élixir…

Et c’est au petit magasin de la rhumerie que l’on trouve les différents types de rhum de la gamme Havana Club : l’Añejo Blanco, l’Añejo 3 Años, l’Añejo Especial, l’Añejo Reserva, l’Añejo 7 Años, Havana Club Seleccion de Maestros et le Havana Club Máximo. Plus ils sont vieux, plus ils sont délicieux et coûteux…

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Une distillerie de rhum à Pinar del Rio © Elisabeth Blanchet
photo principale « Femme au cigare dans les rues de La Havane » © Elisabeth Blanchet