La Santeria, religion afro-cubaine

Avant la révolution castriste, la religion catholique prédomine à Cuba comme chez ses voisins latino-américains. Une fois au pouvoir, Fidel Castro met en place un état laïque et les catholiques (prêtres, écoles…) sont victimes de répression. En 1992, après l'effondrement du bloc soviétique, Castro rétablit la liberté du culte : la religion catholique et surtout la Santeria reviennent en force ! Décryptage et petite histoire de cette religion afro-cubaine animiste comparable au vaudou mais avec ses particularités cubaine…  

Du continent africain à Cuba

La Santeria puise ses racines au temps des esclaves venus d’Afrique et de leur religion Yoruba (Nigéria) dominée par un dieu suprême, Olodumare, énergie spirituelle de l’univers, et des demi-dieux humains qu’il a envoyés sur terre : les Orisha, personnifications de la nature.

Une fois dans le Nouveau Monde, entre 1770 et 1840, les esclaves sont convertis de force au catholicisme, mais ils refusent d’abandonner complètement leurs traditions et élaborent une nouvelle forme de culte à partir des pratiques de ces deux religions, un syncrétisme des deux.

Ainsi, les saints catholiques sont assimilés à des Orisha, chacun correspondant à une divinité africaine aux caractéristiques et aux pouvoirs particuliers. Cependant, les coutumes, les croyances et les rites demeurent identiques à ceux pratiqués en Afrique.

La Santeria en bref

Les pratiquants de la Santeria, les Santeros, invoquent les Orisha par la prière, la musique ou des offrandes. Il ont des autels chez eux, sur lesquels ils déposent déposent des fleurs, du rhum, des gâteaux et des cigares pour entretenir la bonne humeur des dieux et s’attirer leurs faveurs.

La Santeria s’attache à la vie quotidienne, elle met l’accent sur les forces de la nature. Chaque divinité représente un aspect de la nature, comme le tonnerre, et une caractéristique humaine, comme la puissance. Les prêtres de la Santeria aident les gens à résoudre leurs problèmes quotidiens en consultant les Orisha et pratiquent leurs rites dans des foyers plutôt que dans des temples.

C’est dans les milieux populaires que la Santeria est particulièrement pratiquée. Les nouveaux membres sont initiés par les prêtres au cours d’une cérémonie qui inclut de la musique, des danses et des sacrifices d’animaux (poulets, chèvres, colombes, pigeons, tortues, etc.). Ils sont aussi pratiqués pour célébrer les naissances, les mariages et les enterrements. Bien qu’elle attire souvent des personnes à la recherche d’un soutien affectif ou financier, la Santeria est de plus en plus pratiquée. Elle le serait par plus de la moitié de la population cubaine.

La Santeria, c’est aussi du folklore, des couleurs – chaque Orisha a sa couleur – et des fêtes pour rendre hommage aux 24 Orisha. Le calendrier est donc bien chargé.

photo principale : Cérémonie Santeria à La Havane © Bernardo Capellini