À la plage avec les Cubains

Je vous propose un voyage à Cuba sous le soleil exactement le long ses 5 746 km de littoral. Cuba abonde de plages encore peu explorées et en majorité à l'écart des circuits touristiques. Sortir des sentiers battus tels que les keys ou Varadero – où seuls les touristes ont accès – permet de découvrir toutes sortes de plages : longues à perte de vue ou cachées dans de petites criques, mais aussi de goûter à tous ses plaisirs avec des Cubains : ambiance festive garantie !
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La Havane et les plages de l'est

L'air de La Havane est imprégné du sel marin du détroit de Floride. Mais pas de plage le long du Malecon, le long boulevard qui longe la mer. Des rochers, des flâneurs, des pêcheurs, des embruns et la mer à l'état brut.

Il faut parcourir une vingtaine de kilomètres à l'est de La Havane pour mettre les pieds dans l'eau et se faire bercer par une mer tiède. Santa Maria del Este s'étend sur plusieurs kilomètres. D'un côté, les petites rues qui mènent à la plage, buvettes et orchestres en prime, de l'autre, quelques hôtels à l'architecture massive importée de l'Union soviétique des années 80 offrent des formules all inclusive, mais aussi des villas inspirées de leurs vieilles cousines de Floride. On se croirait dans une version cubaine de Retour vers le Futur, surtout quand les vieilles voitures américaines sont garées devant les villas...

Santa-Maria est un petit trésor pour qui aime la plage, la voile, les tables en plastique dressées sur la plage pour boire un coup, manger un morceau. Les vagues sont légères, l'eau est bonne et l'ambiance détendue invite à la farniente. À Santa-Maria, la plage est à tout le monde : en famille, entre amis ou solitaires, Cubains et touristes se côtoient, se mélangent.

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Playa de Santa Maria del Mar © Elisabeth Blanchet
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L'authenticité désuète de Caibarien

Caibarien, au nord-est de la province de Matanzas, c'est le nom de la dernière ville avant de s'embarquer sur la route des keys, et particulièrement Cayo Santa Maria, la plus connue d'entre elles.

Le contraste entre ce petit port de pêche et la succession de keys où le tourisme étranger all inclusive se développe en masse sous la forme de grands complexes hôteliers qui pourraient être n'importe où ailleurs dans le monde. Bien qu'à quelques dizaines de kilomètres des keys, Caibarien est aux antipodes des hôtels de Cayo Santa Maria avec sa taille humaine, ses buvettes pas chères, des casas particulares décrépies, des blocs d’appartements à l’architecture soviétique mais égayés de couches de peintures vives, de groupes d’enfants qui rentrent de l’école en longeant la plage locale que borde le Malecon... Il y a même une mini-tour Eiffel, plantée au coin de deux rues et à laquelle il manque les deux derniers étages…

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Le Malecon à Caibarien © Elisabeth Blanchet
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La baie des Cochons : le calme après la tempête historique

Autre ambiance, autre décor, toujours dans la province du Matanzas mais cette fois-ci au sud de l’île : la baie des Cochons. Chargée d’histoire – elle fut le théâtre du débarquement américain raté de 1962 –, la baie est truffée de petites plages charmantes et de mini-criques où l’eau claire invite à s’armer de son masque, de son tuba et de ses palmes.

Playa Giron est l’une des plus grandes plages de la baie et aussi le symbole de la défaite américaine. De grands panneaux ornent les rues de la petite ville à la gloire du Che et de Fidel et à la défaite de l’impérialisme américain. Des panneaux pourtant aux couleurs quelque peu passées comme celles des bâtiments vétustes voire abandonnés de la petite ville. Sur le front de mer, des bungalows abandonnés, vestiges des vacances populaires organisées par le régime de Fidel. L’endroit aux allures de ville fantôme au soleil est devenu le paradis des animaux : vaches, chevaux flânent entre les bungalows.

Mais le tout n’est pas de se fier aux apparences et de poursuivre son chemin, la plage qui longe le village fantôme est magnifique, surtout dans le soleil ocre de la fin d’après-midi. Il y a à Playa Giron une ambiance particulière, sereine, une chaleur qui n’est pas seulement climatique : sur la plage, il n’y a pas de discernement entre Cubains et étrangers. Tout le monde est pareil, surtout en maillot de bains !

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Cienfuegos et Trinidad, bains de culture et de mer

Dans le même esprit et plus au sud-est, les plages voisines des villes historiques de Cienfuegos et Trinidad sont tout aussi charmantes et ouvertes à tous. De Rancho La Luna à Playa Ancon, en passant par la petite plage de La Boca à l’embouchure de la rivière Guaruabo et au pied de la superbe ville au passé colonial de Trinidad, le centre Sud de Cuba n’a rien à envier aux plages du nord. Et on pourrait écrire sur les plages de Cuba pendant des heures, sur des kilomètres et des kilomètres encore à découvrir. Les plages de Cuba sont à elles seules une invitation au voyage.

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Sous le soleil exactement à Playa Ancon © Elisabeth Blanchet
© photo principale : Elisabeth Blanchet